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La Fondation Pierre Gianadda présente la première rétrospective en
Suisse du peintre Jean Fautrier, pour commémorer le 40e
anniversaire de sa disparition. Figure centrale du renouvellement de
l’art français entre les années 30 et 60, il est considéré comme le
père de la figuration informelle.
Plus de cent vingt œuvres, peintures, dessins et
sculptures, de 1923 à 1964, ont été rassemblées. Si l’artiste a fait
l’objet d’une rétrospective mémorable en 1989, au Musée d’art moderne
de la Ville de Paris, et d’une exposition itinérante dans trois musées
américains en 2002-2003, cette manifestation permet aujourd’hui
d'apprécier à la Fondation Pierre Gianadda la place déterminante de
Jean Fautrier dans la conception et le développement de l’abstraction
lyrique en France, en particulier avec le développement des "hautes
pâtes".
Le propos est de souligner l’articulation des
différentes périodes picturales traversées par l’un des peintres les
plus exigeants et les plus " virtuoses " de sa
génération (selon le mot de Jean Paulhan): depuis sa première
période figurative au réalisme sombre des années 20, jusqu’à
l’explosion de ce qu’on appellera l'"art informel" dans les années 50.
Né
en 1898 à Paris, cet enfant du siècle, éduqué en Angleterre, est engagé
volontaire comme ambulancier en 1917, année où il fut gazé. Commençant
sa carrière à Paris dès 1922, il est défendu par les marchands Jeanne
Castel et Paul Guillaume, et bien accueilli par la critique et le
milieu littéraire parisien, en particulier par le jeune André Malraux
(1928).
Absent de la scène picturale parisienne après
la crise de 1929, il continue ses recherches de couleurs sur
l’abstraction lyrique (planches pour L’Enfer de Dante) avant un
séjour de plusieurs années dans les Alpes où il peint peu : effets
de neige, glaciers… nourriront néanmoins sa palette future.
A
son retour à Paris en 1938, il réaffirme sa conviction pour
l’abstraction, qui va naturellement déboucher sur la série emblématique
des Otages (1942-1945), témoignage fulgurant des atroces
fusillades de résistants par les nazis, auxquelles il avait assisté
depuis la maison de Chateaubriand de la Vallée-aux-Loups à
Châtenay-Malabry. Bien représentée dans l’exposition, cette série
prélude à celle non moins tragique des Partisans (1956-1957)
exprimant sa "juste indignation" lors de l’invasion des chars
soviétiques à Budapest. Jean Fautrier s'affirme alors comme un peintre
solitaire, mais clairement engagé par ses convictions
politiques à l'époque.
Défendu à partir de 1943 par les
marchands René Drouin, puis Jean Larcade et Michel Couturier avant Sami
Tarica, son œuvre sera applaudi après la guerre par Jean Paulhan (Fautrier l’enragé, 1945) ainsi que par André Malraux et Francis Ponge.
Daniel
Marchesseau, conservateur général du Patrimoine, commissaire de
l’exposition, a sélectionné un large panorama d’œuvres provenant de
nombreux musées et d’importantes collections privées françaises et
suisses.
Le catalogue reproduit en couleur l’ensemble
des œuvres de l’exposition et présente une iconographie inédite. Des
textes anciens d’André Berne-Joffroy, Pierre Cabanne, André Malraux,
Yves Peyré, Francis Ponge, Jean Paulhan, etc., accompagnent
d’importantes contributions signées Karen K. Butler, doctorante; Gisèle
Caumont, attachée au Musée de l’Ile-de-France de Sceaux ;
Jacqueline Cousin ; Daniel Marchesseau ; Georges Poisson,
ancien directeur du Musée de l’Ile-de-France de Sceaux ;
Marcel-André Stalter, professeur honoraire d’Université, et Sami
Tarica.

La Collection Franck,
Luigi le berger, photos de Marcel Imsand
Le Parc des sculptures,
Le Musée gallo-romain,
Le Musée de l'automobile
sont ouverts tous les jours
de 10 h à 18 h
Un soutien de:


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