Sam Szafran

dans les collections de la Fondation

Atelier de La Celle-Saint-Cloud, 1974.
© Henri Cartier-Bresson, coll. Fondation Pierre Gianadda

Sam Szafran, Paysage à la manière de Hokusai, 1999. Aquarelle.
© Coll. Fondation Pierre Gianadda

Création de la céramique monumentale Escalier, Gallifa, 2005.
© Martine Franck, coll. Fondation Pierre Gianadda
Grand ami de Léonard Gianadda, Sam Szafran nous a quittés le 14 septembre 2019.
La Fondation lui rend hommage avec la collection de ses œuvres.


Du 18 juin au 21 novembre 2021 – Tous les jours de 9 h à 19 h, à la Galerie du Foyer

Tout a commencé en 1994 avec l’exposition de la collection Jacques et Natasha Gelman du Metropolitan Museum of Art de New York. Sam Szafran fait partie, avec Francis Bacon, Balthus et François Rouan, du quatuor des peintres encore vivants dont les œuvres ont traversé l’Atlantique. L’artiste est présent au vernissage et rencontre Léonard Gianadda. L’entente et la complicité sont immédiates entre les deux hommes ; elles se transforment en amitié qui se renforce au fil des années et des échanges. Léonard et Sam, né comme Pierre Gianadda un 19 novembre, ont des amis communs, au premier rang desquels Henri Cartier-Bresson, élève en dessin de Sam.

Le 2 septembre 1994, Henri Cartier-Bresson, son légendaire Leica en main, débarque à la Fondation : « Léonard, je dois faire ton portrait ! On ne discute pas, c’est un ordre de marche de Sam  »
Dès lors, le mécène suit attentivement les travaux du peintre. Lorsqu’il visite ses amis parisiens, l’atelier de Malakoff est une étape incontournable. Accompagné de Jean Clair, Daniel Marchesseau et Jean-Louis Prat, il découvre les toiles en chantier, passe une commande, achète une œuvre ou en reçoit des mains mêmes de l’artiste. Avec lui, il prépare les deux expositions de 1999 et 2013 à Martigny, là où Sam se sent chez lui. Une trentaine d’œuvres originales témoignent de l’admiration mutuelle. Elles disent à leur manière les rencontres enrichissantes, l’amitié tout simplement.

Les relations étroites entre les trois couples formés par Henri Cartier-Bresson et Martine Franck, Sam et Lilette Szafran, Léonard et Annette Gianadda, trouvent leur plus forte expression lorsque, le 3 août 2004, au retour des obsèques d’Henri Cartier-Bresson, Sam, Lilette et Sébastien Szafran décident d’offrir à la Fondation les 225 photographies reçues de leur ami commun. Cet ensemble, unique, résulte d’un extraordinaire échange : Henri Cartier-Bresson puise dans ses archives et ses dossiers des tirages originaux pour son « ami intense », Sam. Presque toutes les photos sont accompagnées d’une dédicace, d’une réflexion, comme autant de clins d’œil, à l’image d’une correspondance codée dont seuls Henri et Sam détiennent la clé. À côté des reportages et des portraits d’artistes et d’écrivains, la collection comporte de nombreuses photographies de Sam Szafran dans les situations les plus diverses.

Au début des années 2000, Léonard Gianadda propose à Sam Szafran un défi : réaliser une œuvre géante en céramique pour orner une façade du pavillon jouxtant la Fondation. D’abord hésitant, Sam Szafran, qui n’a jamais pratiqué cette technique, se lance dans l’aventure avec la complicité du céramiste Joan Gardy Artigas. La bande à Léonard suit l’évolution du projet. Jean Clair, Daniel Marchesseau et Jean-Louis Prat, après avoir accompagné Léonard dans l’atelier de Sam, le suivent à Gallifa près de Barcelone pour assister aux opérations effectuées par l’artiste et le maître céramiste. Sam Szafran y passe 15 jours pour l’Escalier ; il lui en faut 20 pour les Philodendrons, l’œuvre qui occupe l’autre paroi du pavillon. Celui-ci prend tout naturellement le nom de Pavillon Szafran.
Martine Franck, épouse d’Henri Cartier-Bresson et célèbre photographe, rend compte du processus créatif. Son reportage complet fait aussi partie de la collection de la Fondation.

    Sophia Cantinotti et Jean-Henry Papilloud, Commissaires de l'exposition


Sam Szafran, Escalier, 2004. Aquarelle sur soie.
© Coll. Fondation Pierre Gianadda

Vernissage de l’exposition Szafran, 19 novembre 1999.
© Georges-André Cretton, coll. Fondation Pierre Gianadda

Sam Szafran et Henri Cartier-Bresson, Paris, 1984.
© Martine Franck, coll. Fondation Pierre Gianadda