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La beauté du corps dans l’Antiquité grecque

En collaboration avec le British Museum de Londres

28 février – 9 juin 2014
tous les jours de 10 h à 18h


Le British Museum de Londres fondé en 1753 s’ouvre au public en 1759 et ses collections, constituées de plus de sept millions d’objets, sont parmi les plus importantes au monde et proviennent de tous les continents. Parmi toutes ces richesses, vingt-quatre salles représentent Rome et la Grèce antiques : il s’agit de la section la plus importante du musée qui propose des œuvres s’étendant du début de la préhistoire à l’ère byzantine.

Une des responsables de ce département antique a spontanément proposé à Léonard Gianadda d’organiser une exposition avec quelques unes des pièces maîtresses choisies parmi ces antiquités grecques et romaines. Pour célébrer la beauté du corps dans l’Antiquité grecque, dix thèmes seront à l’honneur et entraîneront le visiteur dans une balade éclectique où la beauté des corps féminins et masculins, le sport, la naissance, le mariage et la mort, l’amour et le désir, seront documentés par des pièces archéologiques.

L’espace de quelques mois, l’Antiquité gréco-romaine sera reine à la Fondation et toutes ces richesses archéologiques rappelleront le passé gallo-romain de Martigny-la-Romaine avec ses témoins comme le temple antique dédié à Mercure, le musée gallo-romain, le taureau tricorne etc. Un heureux mariage de pierre, de bronze et de marbre : Londres dans l’antique capitale du Valais romain : Forum Claudii Vallensium.

A la découverte thématique de cette exposition avec quelques présentations d’objets

Aphrodite et le corps féminin

Une Femme athlète ?

Cette statuette pourrait provenir de Sparte, où les femmes, à la différence des autres villes de Grèce, avaient leur part aux jeux du stade. Pausanias a laissé une description : « Quand elles courent, elles ont les cheveux flottants, la tunique abaissée jusqu’au dessous du genou, l’épaule droite toute nue et débarrassée jusqu’au sein. ».

Bronze, jeune femme courant, Grèce, VI s. av. J.-C.


En promenade

Si les femmes des milieux aisés passaient la plus grande part de leur vie chez elles, il leur arrivait de s’aventurer à l’extérieur, pour les fêtes religieuses. Une occasion de s’habiller de façon élégante. La figure est vêtue de la longue tunique et du manteau court. Elle porte par dessus son voile un large chapeau pour se protéger des morsures du soleil. Les formes que l’on devine sous le vêtement, rappellent tout en nuances, les jeux et enjeux du désir.

Terre cuite, Grèce vers 300-200 av. J.-C.

Le Beau dans le corps masculin

Le Discobole

Cette statue, célébrissime, devenue un symbole des Grecs de l’Antiquité, représente un athlète – nu, élégant, jeune éternellement, saisi dans le mouvement qui précède le lancer de son disque.

Réalisée au IIe s. apr. J.-C., cette statue de marbre est une copie romaine du bronze original, fondu au Ve s., av. J.-C. par le sulpteur grec Myron, aujourd’hui perdu.

Discobole, marbre, période romaine, IIe siècle apr. J.-C., d’après un original grec disparu, réalisé entre 450 et 440 av. J.-C.


Le Diadumène

Statue très connue attribuée au sculpteur grec Polyclète Ve s. av. J.-C. qui représente un jeune athlète ceignant sa tête du bandeau de la victoire. Le corps apparaît parfaitement proportionné et la disposition des membres manifeste le sens du rythme, de l’équilibre et de l’harmonie qui préside à la représentation. Le Diadumène a été trouvé à Vaison en 1862, et acheté par le British Museum. Elle ornait le théâtre antique sous le règne de l’empereur Hadrien.

Ce Diadumène de Vaison-la-Romaine, réalisé en marbre, est la réplique d’une statue célèbre en bronze de l’Antiquité.

Le Diadumène de Polyclète, réalisée vers 117-138 ap. J.-C., copie romaine d'un bronze original perdu fondu vers 440 av. J.-C. par Polyclète d'Argos

Le corps divin

Zeus, le roi des dieux

Maître de l’Olympe et seigneur du ciel, apparaît ici dans sa splendeur, son sceptre dans une main, le foudre dans l’autre. Il règne, fort de sa puissance destructrice, sur les mortels et sur les immortels.

Illustration :

Bronze, statuette de Zeus, période romaine, 1er-IIe s. apr. J.-C.


Dionysos ramène Héphaïstos dans l’Olympe

Dionysos, dieu du vin, tient un cep de vigne et une coupe ; un lion est assis face à lui. Il reconduit Héphaïstos, représenté dans l’Olympe, sur l’autre face. Les poignées sont des satyres, créatures hybrides, qui ont une queue et des oreilles de cheval, et qui accompagnent souvent le dieu dans ses libations.

Illustration :

Amphore à col à figures noires, Grèce, vers 520 av. J.-C.

Amour et désir

Eros bandant son arc

Eros est fils d’Aphrodite, déesse de l’Amour. Il incarne le désir, qui peut être celui que portent des hommes à de jeunes éphèbes. Les Grecs le représentent comme un adolescent ailé, décochant des flèches qui enflamment le cœur de ses victimes. Cette statuette est probablement une copie d’un original grec de plus grande taille, dû à Lysippe, datant de la fin du IVe s. av. J.-C.

Statuette d’Eros, marbre


Le tenancier de lupanar

Cette figurine en terre cuite montre probablement un acteur comique, jouant le rôle d’un proxénète, ou d’un tenancier de bordel, l’un des personnages récurrents du théâtre grec. Portant un masque de vieillard, il est couronné de bandelettes en parties brisées. Il n’était pas rare, dans le monde antique, que des femmes et des hommes n’ayant pas le statut de citoyens gagnent leur vie en se prostituant ; la fréquentation des prostitué(e)s était une pratique acceptée dans la vie des citoyens.

Terre cuite, figurine d’acteur IIe s. av. J.-C.

…ET UN CLIN D’ŒIL A NOTRE ARCHEOLOGIE LOCALE

Dans une salle de la Fondation, les visiteurs auront le bonheur de découvrir les deux magnifiques statues découvertes à Martigny le 6 juillet 2011, à l’occasion de recherches archéologiques menées dans le cadre de la création d’une nouvelle rue dans le quartier des Morasses. C’est au pied d’un mur, que sont mis au jour deux torses masculins en marbre, d’époque romaine, alignés sur le dos, et placés là intentionnellement, vers la fin de la période romaine, après avoir été mutilés.

Provenant du bassin méditerranéen oriental, ces statues devaient orner une salle d’un complexe thermal.

Ces sculptures font partie des plus belles trouvailles archéologiques jamais effectuées en suisse, affirme François Wiblé, archéologue cantonal. A ces deux découvertes exceptionnelles, s’ajoute une statuette de marbre de Vénus, réplique de l’Aphrodite de Cnide de Praxitèle, également trouvée à Martigny.

Hercule léontè de Martigny

Torse reconnaissable à la peau de lion, la léontè, qui cou-vrait les épaules de la statue. Des fragments d’une massue, arme favorite du demi-dieu, découverte à moins de deux mètres du torse, corroborent cette identification.

Hercule léontè, marbre, période julio-flavienne


Apollon citharède de Martigny

Les autres fragments ont permis d’identifier l’autre torse : ce sont ceux d’un instrument à corde, la cithare, sorte de lyre, instrument favori d’Apollon.

Apollon citharède, marbre, période julio-claudienne


Aphrodite de Cnide de Praxitèle

Vénus, réplique en marbre blanc d’Italie, de format réduit de la célèbre Aphrodite de Cnide du sculpteur grec Praxi-tèle, objet de prestige qui ornait la domus (maison) d’un habitant de Forum Claudii Vallensium. Elle a été décou-verte en 1939 dans l’insula 7 (quartier d’habitation) à Mar-tigny-la-Romaine.

Aphrodite de Cnide de Praxitèle, marbre.


Le commissariat de l’exposition est assuré par Ian Jenkins, Senior Curator, Département des Antiquités grecques et romaines, The British Museum.

Le catalogue de l’exposition La beauté du corps dans l’Antiquité grecque reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées. (ISBN 978-2-88443-148-4)

L'exposition La beauté du corps dans l’Antiquité grecque
la Collection Franck
le Parc de sculptures
le Musée gallo-romain et
le Musée de l'automobile

sont ouverts tous les jours
de 10 h à 18 h
du 28 février au 9 juin 2014

Avec le soutien d'